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Emission du 08 septembre 2005. Thème: Londres

Et c'est reparti pour un peu de tourisme musical. Quelques mois après une exploration de New York, il est temps de se consacrer à la ville de Londres, et aux meilleures chansons qui lui ont été consacrés (toujours selon un avis éminemment suggestif).
On commence avec:
- The Kinks: Waterloo Sunset. Une ode particulièrement réjouissante et une description idyllique (qui frise parfois avec l'amour aveugle) de la part d'un groupe symbole du Swinging London de la fin des années 60. (sur "You really got me - the Best of the Kinks")
- Donovan: Sunny South Kensington. Une version indo-popisante en plein délire psychédélique, par le plus crooner des chanteurs de folk anglais... Encore un hommage à son quartier... (sur "Mellow Yellow")
- The Mohawks: Dr. Jekyll and Hyde Park. Une des plus belles réussites du funk à l'anglaise, par les interprètes de l'immortel "The Champ". Dommage que le morceau ne dure qu'une minute trente et que le jeu de mot du titre flirte avec l'almanach Vermot... (sur "Mo'hawk" paru chez rpm).
- Laurel Aitken: Scandal in Brixton Market. Le regretté roi du skinhead reggae (il est décédé en juillet dernier), nous livre encore une perle dont il a le secret. Hommage à la vitalité et à l'esprit rebelle de son quartier d'adoption (il est né en Jamaïque, mais s'est installé à Brixton dès les années 1960). (Sur "Laurel Aitken - the Pama Years")
- The Pogues: Dark Streets of London. Un autre pur produit de l'immigration londonienne. Moins lointaine que la Jamaïque, c'est l'Irlande qui exporte à Londres ses meilleurs artistes. Shane MacGowan se transcende sur cette chanson, reprise (en ce qui concerne la musique) d'un traditionnel irlandais, transposé ici dans les bas-fonds de Londres (sur "Red Roses for Me")
- The Jam: Going Underground. Le plus fameux des groupes du revival mod anglais, en pleine possession de ses moyens. (sur "The Very Best of The Jam")
- Anti-Nowhere League: Streets of London. Un autre groupe dans la mouvance du punk, qui décrit ici la misère et la saleté de la ville. On est loin des rêveries des Kinks... (sur "Punk Singles Collection")
- The Clash: London Calling. Le tube... Rien à redire, tout y est: la rage, les paroles contestataires... Une rare version en live -pirate - à Lochem, en Hollande, en 1982.
- The Clash: SW2 Dub. Un remix de "Guns of Brixton" par Mick Jones au début des années 1980, à l'époque où il traîne sans cesse à New-York et est influencé par les débuts du hip-hop.
- I-Roy: London. Un des plus mésestimé des dj jamaïcains, pourtant nettement plus intéressant que son quasi-homologue U-Roy. Ici, il s'amuse à jeter des ponts entre les deux communautés jamaïcaines de Kingston et de Londres, en mettant en parallèle plein de quartiers et de lieux des deux villes (sur "Crisus Time")
- Linton Kwesi Johnson: Di Great Insohreckshan. Quand le grand dub-poet LKJ retranscrit les émeutes de Brixton en 1981, entre les jeunes du quartier et la police, on a l'impression d'y être et de participer à l'insurrection. (sur "Making History")
- The Specials: Ghost Town. Quand le plus mythique des groupes anglais de ska two-tone décrit l'atonie qui pourrit les grandes villes et Londres en particulier, on se dit que l'exemple est universel: chez nous aussi, les bars ferment, les salles de concert aussi et la ville devient fantôme... (sur "Blank Expression")
- Roots Manuva: Witness (Walworth Rd. Rockers Dub). Un remix instrumental et dub du tube du jeune rappeur d'origine jamaïcaine installé à Londres. Puissant.... (en maxi, ou sur la compilation "More Dub Infusions")
- The Streets: Has it come to this. Mike Skinner est le plus puissant pour décrire l'apathie dans les banlieues middle-class de Londres: Playstation, Bières, Joints, Football à la télé... (sur son extraordinaire premier album: "Original Pirate Material")

Emission du 01 septembre 05 - thème: Summertime

On reprend donc le cours interrompu de ce blog, avec la première émission de cette rentrée 2005. Au menu, un programme qui peut faire peur (et qui a sûrement fait fuir quelques auditeurs-trices): une seule chanson pendant une heure: Summertime, dans de nombreuses versions...
George Gershwin, l'inoubliable auteur de cette chanson, est né à New-York en 1898, de parents juifs forcés de quitter la Russie. Il apprend la musique en autodidacte et commence à composer. Son premier grand succès, Rhapsody in Blue, en 1924, est une ode à sa ville de New-York et à son activité débordante. En 1935, il compose son seul opéra, Porgy and Bess, qui entend retranscrire la réalité de la vie dans les communautés noires américaines. C'est de cet opéra qu'est tirée la chanson Summertime. Les paroles sont de DuBose et Dorothy Heyward et de Ira Gershwin. L'action se déroule à Catfish Row, quartier noir de Charleston dans la Caroline du Sud. Au sein de l'opéra qui fait une large place au blues et aux spirituals, " Summertime " est une berceuse.
Gershwin meurt deux ans après Porgy and Bess, en 1937, d'une tumeur au cerveau.

Place aux interprétations:
- Bessie Smith: Summertime. Une des plus anciennes interprétations, du à cette grande dame du blues des années 1930.
- Janis Joplin: Summertime. Peut-être l'interprétation la plus connue, et sans doute l'une des deux ou trois meilleures. Tout en conservant l'esprit original, la grande Janis transcende la chanson pour la mener dans des sphères rarement atteintes dans toute l'histoire de la pop musique blanche... Obligatoire... (sur l'album de Big Brother & The Holding Company: Cheap Thrills - 1968)
- Jim Murple Memorial: Summertime. Une version rocksteady-rythm & blues jamaïcain, en live (sur l'album de Jim Murple: Rythm & Blues Jamaïcain)
- Rodney and the Blazers: Summertime Rock. Une version de 1960 très rock n'Roll, malheureusement trop courte et bénéficiant d'un son plus que cradingue... (sur la compilation "United Rockers", paru chez Virgin en 2004)
- Billie Holiday: Summertime. On revient à des choses beaucoup plus calmes et proches de la version d'origine. Si les arrangements musicaux sont assez traditionnels, la plus belle voix de l'histoire du jazz emmène la chanson vers des sommets...
- Miles Davis: Summertime. Une version un peu lounge, qui correspond à la période de la carrière de Miles où il cherchait la voir vers la musique "cool" (pas forcément la meilleure période à mon goût). (dans l'album "Porgy and Bess" où il reprend l'intégralité de l'opéra)
- Sublime: Summertime. Une version hip-hop éthérée, où Sublime, aidé des Pharcyde, reprend uniquement le refrain et sample le thème musicale de l'original. (sur "Greatest Hits")
- Lloyd Clarke: Summertime. LA version reggae. Des arrangements hallucinants, un groove implacable, des musiciens et des choristes au top, Bunny "Striker" Lee à la production... Indispensable. (sur la compilation de productions rares de Bunny Lee - "A Place called Jamaica volume 2", parue l'année dernière sur le label parisien Makasound)
- Athome Project: Summertime. Une version assez növo-dub, assez lounge, mais suffisament entrainante pour ne pas s'endormir... Intéressant, mais pas indispensable non plus... (sur "Blue Café Box Set")
- Louis Armstrong et Ella Fitzgerald: Summertime. Egalement une des interprétations les plus connues. Les deux grandes voix se répondent magnifiquement... (sur "Porgy and Bess")
- Caetano Veloso: Summertime. Le plus grand des crooners brésiliens, chantre du tropicalisme, reprend Summertime. Forcément, ça ne ressemble à rien d'autre qu'à du Veloso, avec tout ce qu'il faut de velours et de volupté, sans jamais sombrer du côté obscur de la force. Indispensable (sur Canta Brasil: Great Brazilian Songbook")
- Nina Simone: Summertime. Une belle version jazz en live, et écoutez ce piano... (sur "At Town Hall" - 1959)
- Me First and the Gimme Gimme: Summertime. Une version rock tranquille qui vire d'un coup au punk le plus rageur. A garder pour les fêtes...(sur "Are a Drag")
- Sam Cooke: Summertime. Une belle version calme par l'un des plus grands du rythm & blues américain, malheureusement mort trop tôt pour connaître la gloire d'un Otis Redding ou d'un James Brown (sur "Wonderful World: The Best Of Sam Cooke")
- John Coltrane: Summertime. Ma version préférée: 11 mn 35 de pur bonheur, de lave en fusion, de solis hallucinants. A part les quelques notes du début qui rappellent le thème musical de départ, Coltrane s'éloigne loin, trop loin pour que quelqu'un puisse un jour le rattraper... (sur "My Favorite Things", l'un des ses plus grands albums)

Septembre 2005: Le retour du blog maudit

Après de longs mois de flémardise au niveau de la remise à jour du blog de l'émission "haute fidélité", voici venu le temps de septembre et de ses bonnes résolutions... A partir d'aujourd'hui, remise à jour du site régulière, afin de permettre aux auditeurs de l'émission de pouvoir retrouver des titres diffusés dans l'émission...